De plus en plus de guitaristes optent à l’heure actuelle pour l’acquisition d’un deuxième ampli « de travail » lorsqu’il s’agit de jouer dans des environnements plus contraignants qu’un local de répétitions insonorisé ou une salle de concerts. En effet, les amplis utilisés en live ou en répète nécessitent souvent un volume conséquent pour être exploités au maximum de leurs capacités. Exploité à faible volume, le son lampe perd nettement de sa qualité et amène le guitariste à reconsidérer la puissance de son ampli.
Les constructeurs ont bien compris ce besoin « d’avoir du bon son à faible volume » et commencent depuis quelques mois à proposer des amplis lampes à faible puissance, beaucoup plus facilement exploitable à la maison (en gardant la possibilité d’être repiqués dans la sono pour des répètes et autres concerts).

Si je suis bien conscient que c’est avant tout l’attrait pour l’achat de « quelque chose de nouveau » (avec le lot de découvertes et expérimentations possibles) qui prime lorsque les guitaristes achètent ces nouveaux petits amplis, j’ai pu constater que ce n’est ni la seule, ni forcément la meilleure solution.

J’ai longuement réfléchi la problématique et j’en suis arrivé à me concevoir un « protocole d’utilisation et d’achat » (basé sur l’acquisition préalable de l’équipement adéquat) me permettant d’exploiter mon rig exactement comme je le veux; que ça soit en répète, en live ou dans le cadre de mon homestudio.
Dans la mesure où ce chaînage influence le type de matériel nécessaire, j’ai pensé qu’une petite explication exhaustive s’imposait pour les débutants et non-initiés qui désirent se lancer dans le monde captivant de la branlette sonore 😀

1. LE CONCEPT :

L’idée du protocole est de permettre 3 choses principales :
– Utiliser au maximum un ampli lampe puissant à faible volume,
– Jouer au casque avec un ampli à lampe,
– Enregistrer la guitare à faible volume et sans volume,

Le tout dans un encombrement minimum, facilement dissociable et transportable, me permettant travailler précisément le son que j’aurai en live (on va utiliser le même ampli ou combo pour l’usage live ET domestique) et en procurant évidement la meilleure qualité sonore possible d’enregistrement.

Voici la solution que je vais développer :

 

chainage home studio

 

Le son de la guitare amplifié au maximum (ici un Orange AD30 HTC : Clean : Master Max – Gain 8 (o’clock) // Crunch : Master 2/3 (o’clock) – Gain 6 (o’clock)) va dans la DI. Le signal prend alors deux chemins différents :
– il continue vers le réducteur de puissance THD Hot Plate qui, une fois réglé selon vos besoins, envoi le son dans le cab branché (un 1×12 Mesa Boogie à la maison et 4×12 Ampeg en live) au volume désiré.
– il est envoyé vers l’interface d’enregistrement/table de mixage (line) tout en étant agrémenté d’une simulation de speakers au rendu assez réaliste. Il me suffit de connecter un casque à la table de mixage pour faire gueuler l’ampli à n’importe quelle heure de la nuit. (évitez d’être bourré et de devoir faire le câblage le soir même : vous risquez de réveiller l’immeuble en vous trompant)

2. MATOS :

La logique d’achat

Il s’agit de considérer à la fois l’utilisation live et domestique du système d’amplification. Si un combo 1×12 ou 2×12 est une solution pratique en terme d’encombrement et de facilité de déplacement, l’arrière de l’appareil (et plus particulièrement la connexion ampli/speaker) n’est pas toujours accessible facilement (nécessitant parfois un système d’allonges de jack pour réaliser un chaînage dans le genre). Cela reste néanmoins une solution pratique et envisageable.

Le choix de la solution ampli/cab autorise quant à lui plus de libertés sur le choix du matériel utilisé tout en n’ayant qu’un encombrement légèrement supérieur au combo. Si la hauteur de mon couple Orange/MesaBoogie dépasse un peu la hauteur standard d’un combo, il permet d’être transporté plus facilement (la tête dans une main, le box dans l’autre : le poids est réparti) et se révèle parfois plus pratique à caser dans le coffre d’une voiture (mieux coincés, plus stables).
Mieux : pour les heureux possesseurs de 2 box : un 4×12 dans le local, 1×12 dans le homestudio et vous ne transportez que votre tête d’ampli et votre câble speaker !

Au niveau des possibilités de box, je pense qu’un 1×12 suffit amplement à aux prises de sons dans le cadre d’un homestudio. (d’autant plus que le Mesa sonne très très bien…) Si votre tête est plus grande qu’un box 1×12 comme c’est le cas pour ma Marshall 30th anniversary (voir photo ci-dessous), rien ne vous empêche d’opter :

– soit pour un 2×12 qui « comblera les trous » sous l’ampli, stabilisera l’ensemble et vous garantira une meilleure diffusion (est-ce bien nécessaire pour jouer à faible volume chez soi ? …). En comptant cependant sur le fait que le cab 2×12 peut s’avérer suffisant pour une utilisation live. (le 1×12 qui pourrait suffire, mais à condition d’être repiqué dans la sono pour les salles moyennes et grandes),

– soit de mettre la tête sur un meuble à coté (ou au dessus) avec le cab à terre à côté ! Personne n’a jamais dit que la tête devait être sur le cab pour fonctionner 😉 (oui c’est bête, je sais…)
J’ai personnellement acheté un petit meuble Ikea pour caser tout le brol. Plein de solutions s’offrent à vous : ne les négligez pas !

Marshall 30th anniversary

Attention également à l’impédance lorsque vous achetez votre matériel. 4, 8 ou 16 Ohms, l’impédance de votre box et de votre ampli doit correspondre sous peine de détériorations malvenues. A noter également qu’il existe un modèle différent de THD Hot Plate (réducteur de puissance) par impédance. Il s’agit donc de prévoir l’impédance qui sera commune à tous vos amplis (actuel(s) et futur(s)) ! Ceci simplement pour vous éviter d’acheter un deuxième box ou  un deuxième Hot Plate 😉

Dans mon cas, mes box peuvent fonctionner tous les deux en 8 Ohms, à l’instar de mes amplis Orange et Marshall. J’ai donc choisi un Hot Plate 8 ohms pour réduire leur puissance. (et si je fais l’acquisition d’une nouvelle tête, elle devra fonctionner en 8 ohms aussi)

Bref, à vous de choisir la solution qui vous convient le mieux, selon vos goûts et les disponibilités des amplis au format désiré. Combo ou tête/box, choisissez votre ampli sans vous préoccuper de l’aspect « bien sonner à la maison ». La solution n’est pas loin…

Brider la puissance :

Il existe plusieurs types de réducteur de puissance. Pour ma part, j’ai choisi un des maître achat en la matière à l’époque : le THD Hot Plate. Comme écrit plus haut : à chaque impédance, son Hot Plate (et sa couleur dégueu…). Il se place entre l’amplificateur et les speakers et permet d’obtenir la disto « full output » d’un ampli lampe à bas volume.
Le son lampe : le son qui claque, qui tue la mort (et sa fille), celui qui vous englobe, qui vous donne des frissons et qui ne sature jamais vraiment pareil. Ou plus sérieusement : la réponse aux attaques, la dynamique et la saturation pleine de chaleur typiques des lampes chauffées à blanc : LE son du Rock, mais en sourdine ! (« sourdine » relative car le Hot Plate peut accompagner en répétition et en live dans les petites salles ou vous savez que mettre le master au dessus de 3 vous fera tomber le plafond sur la tête…)

 

thd hot plate

Très simple à utiliser, le THD Hot Plate possède 2 boutons de réglages :

– celui de gauche vous permet de sélectionner rapidement une diminution graduelle de puissance de -0 à -16db. Le dernier mode : LOAD, vous permet de couper complètement la sortie speaker. A utiliser lorsque vous enregistrez à partir de la DI ou si vous jouez au casque.
(pour rappel : en temps normal, il est INDISPENSABLE qu’un ampli à lampes soit branché à un speaker lorsqu’il est sous tension. Le mode LOAD absorbe la charge de l’ampli à la place du speaker; rendant la connexion de celui-ci inutile. – mais laissez le quand même branché ;-))

– Activé lorsque le bouton de gauche est positionné sur -16db, le bouton de droite permet de réduire le volume jusqu’à extinction quasi totale. C’est le mode que vous utiliserez pour entretenir de bonnes relations de voisinage.

A côté de ces deux boutons de réglages, le Hot Plate propose deux correcteurs :
– Bright : diminue les aigus (quand activé)
– Deep : diminue les basses (quand activé)

Également présent, un interrupteur BULBS active une lampe servant de noise gate. Personnellement je ne vois pas beaucoup de différence…

Le Hot Plate fonctionne aussi bien avec un combo qu’avec une solution tête/box, à la différence qu’il vous faudra peut-être une allonge de jack (avec éventuellement les risques de perte de signal et les difficultés de branchements selon les modèles d’ampli) pour faire les liaisons section ampli -> hot plate -> speaker.

Dernier aspect positif : l’appareil ne nécessite aucune alimentation supplémentaire (l’excuse de la place manquante sur votre multi-prises fétiche pour ne pas l’emporter en concerts tombe donc à l’eau…)

Enregistrer sa guitare :

Pour enregistrer la guitare comme je le souhaite, j’ai besoin d’une interface audio, d’un micro, d’une DI et d’un ordinateur. Je voulais pouvoir procéder de deux manières différentes :

– 1 micro + 1 line :
Le son qui sortira du baffle (avec un volume réduit mais suffisant (toujours avec les lampes chauffées à blanc !)) sera enregistré grâce à un Shure SM57 placé à une dizaine de centimères devant le centre du speaker. Reliée à une petite interface TC Electronic Konnekt 6 Desktop à l’instar du micro pré-cité, la DI amène quant à elle le signal directement dans la table. Cela me donne deux sons légèrement différent pour chaque prise, que je peux mélanger, morceler ou modifier à ma guise. Cela implique néanmoins un volume plus conséquent. (plutôt en journée donc… et pas un dimanche)

– 1 line :
En positionnant le Hot Plate sur LOAD, je coupe le son du speaker. Dès lors, seule la DI amène le son dans la table. Cela permet d’enregistrer vos idées ou simplement jouer au casque à n’importe quelle heure du jour ou (surtout) de la nuit : bonheur.

Revenons en à l’équipement nécessaire :

Avant d’être considérablement réduit par le Hot Plate, le signal passe à pleine puissance dans une Direct-box Palmer « The Junction » PDI09.
Quand un micro placé devant les speakers capte un son, il en prend (notamment) en compte les paramètres de l’environnement dans lequel la prise de son a lieu (ce qu’on appelle communément ‘Room‘, une espèce de reverb caractéristique à chaque pièce. Chantez dans votre salle de bain puis dans votre salon, le résultat n’est pas le même : le micro en prend compte également). La DI permet de passer outre ce Room (qui peut parfois être désavantageux) et d’amener le signal directement dans l’interface audio en y apportant une simulation de speaker, pour faire « comme si ».
Pour rappel, le son d’une guitare amplifiée dépend à la fois de l’ampli et des speakers utilisés : si le signal ne passe pas dans les speakers, on perd forcément une empreinte caractéristique importante du son (c’est le son atypique que l’on entend avec une DI classique). La DI Palmer propose donc une émulation de speaker très convaincante avec 3 choix possibles :
– Normal : 2×12 ouvert
– Mellow : American Vintage Speaker, pour un son plus doux
– Bright : British speaker, pour un son plus agressif

Di Palmer the junction

En outre, la DI propose également un réducteur de puissance mais je ne l’utilise pas.

La TC Electronic Konnekt 6 Desktop m’a quant à elle séduite par son format et son look sexy. Ayant une absolue confiance en la qualité des produits de la firme danoise (et m’étant également bien renseigné avant), j’ai trouvé exactement ce que je cherchais en matière de facilité d’utilisation, de qualité sonore et d’encombrement. Peu importe l’interface que vous possédez, cela n’influe en rien le fonctionnement du chaînage à partir du moment où elle possède une sortie casque.

Une fois les branchements entre les différents appareils réalisés, il vous suffit d’allumer votre ordinateur, de lancer votre logiciel audio préféré et de jouer ! Selon le mode d’utilisation choisi (mic+line ou line), le programme vous enregistre 1 ou 2 pistes en simultanés. Simple à souhait et permettant beaucoup d’expérimentations.

 

 


3. CONCLUSIONS :

La personne n’ayant que peu d’intérêt pour la recherche du Son se contentera d’être amplifié moyennement. « C’est pas grave, c’est à la maison »…  Il m’est très fréquemment arrivé de rencontrer des guitaristes aux matos live de dingue jouant sur un Marshall MG15 et autres merdes sans nom à la maison… (prenez un PocketPod chez Line6 dans ce cas…)
Mais pourquoi pas après tout ? D’autant plus qu’il existe de bons VST qui permettent d’enregistrer les guitares dans votre logiciel préféré : il est possible d’enregistrer ses maquettes (voir démo) à la maison de manière correcte et sans faire trop de bruit !
Qui suis-je pour juger ? Chacun son trip musical après tout 😉

De l’autre côté, l’amoureux du son (ou simplement le mec qui envie de jouer sur sa tête le plus souvent possible plutôt que de la laisser dormir au local entre deux répètes ou live) va se retrouver combler d’entendre sa bête de scène sonner calmement dans la chambre. C’est à lui que je m’adresse, celui qui veut du son lampe chez lui aussi : « Alors ? on ramène le 100w du local ou on achète un 5w lampes ? »

Au niveau des coûts, le chaînage que je propose peut paraître plus gourmand financièrement que la solution du deuxième petit combo. Il faut cependant considérer qu’une bonne partie du matériel nécessaire à l’enregistrement est commun aux deux solutions :
– Il vous faudra de toute manière une interface audio (La Tc Electronic Desktop pré-citée est aux alentours de 250 euros),
– Vous aurez soit besoin d’un micro devant ou d’une DI de qualité pour sortir en line. La DI Palmer présentée plus haut coûte environ 90 euros. (ou alors vous optez, comme moi, pour les deux)

Si on fait les comptes :

THD Hot Plate : 400 euros
Cab 1×12 : entre 100 et 350 euros (n’hésitez pas à aller voir du côté de l’occasion)
Soit un total se situant entre 500 et 750 euros selon le modèle de cab choisi.

Le petit combo lampes quant à lui, pour autant que l’on vise la même qualité que la « bonne » tête utilisée en live, tourne entre 300 et 600 euros également (Blackstar, Orange, Fender, …)

Je peux vous assurer qu’au moment de sortir 400 euros pour le Hot Plate, on se pose des questions genre « Jprendrais pas plutot un petit ampli pour ce prix la ? » « Tout ça pour ça ? » … et bien oui, mais ça les vaut ! Quel plaisir de retrouver les caractéristiques du son lampe à chaque fois ! (J’ai longtemps repoussé l’achat de mon Hot Plate… c’est maintenant que je l’ai que je me dis que j’aurais dû commencer par ca !)

La différence n’est donc pas assez significative pour ne regarder que le facteur prix. Si on considère le facteur temps de jeu, la différence en terme d’utilisation est assez impressionnante. Calculons un petit ratio sur base de l’exemple suivant :

1 guitariste répète 2x par semaine pendant 2h30 et joue 1h par jour sauf le mardi soir ou il a aquagym. Ce qui fait 5h de répétition (2 jours) et 6h pour les 6 autres jours de la semaine.

Ce qui nous donne :
Ampli live : 5h/semaine -> (x52) = 260h/an -> 0.71 (h/jour)
Ampli domestique : 6h/semaine -> (x52) = 312h/an -> 0.85 (h/jour)
1 seul ampli : 10h/semaine -> (x52) = 520h/an -> 1.43 (h/jour)

Au prix d’un ampli live digne de ce nom, ça fait plutôt mal de l’utiliser en moyenne 40 minutes par jour sur l’année (contre 1h25 dans le cas d’un seul ampli). Faites vos calculs en fonction de vos utilisations, ca peut vous surprendre 😉
En ce qui me concerne, je ne répète qu’une fois par semaine et je joue environ 1h30/2h par jour : j’avais tout intérêt à opter pour la solution d’utiliser ma tête à la maison sans quoi je ne m’en servirais pour ainsi dire jamais.


4. POINTS FORTS – POINTS FAIBLES  :

Voici donc en guise de récapitulatif les points forts et points faibles qui vous permettront de vous faire une idée sur les possibilités qu’offre ma logique d’achat et d’utilisation :

+ jouer et enregistrer à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit
+ me permet d’exploiter ma tête au maximum au quotidien et d’en capter toutes les nuances de réglages
+ travail sur mon son live et studio directement
+ déplacement réduit entre homestudio et local de répètes (si 2 box)
+ configuration tête/box facilement modifiable (en cas d’upgrade ou de panne)

– faut réfléchir un peu avant (la bonne impédance, le bon choix de puissance, etc…)
– le coût légèrement supérieur de la solution tête/box (faut ce qu’il faut certes, mais ici ça sonne nickel : pas de compromis sur le son !)

Je ne prétends pas détenir LA solution ultime : c’est simplement celle qui me convient le mieux.
Je la partage (avec passion :p) en espérant que cela servira à d’autres 🙂 (j’aurais été content de lire ce genre d’article au début…)

Ca vous a plu ? Envie de partager ?
  • Agatzebluz

     pfiou, beau post.
    Un sacré travail de recherche.
    Beau matos également.

  • Laurent Bruwier

    Bonjour,

    Cet article est vraiment impressionnant et me permettra peut-être de trouver ce que je cherche.

    Je joue exclusivement à la maison sur casque hifi et enregistrement PC.
    Actuellement, j’utilise tout simplement un PodXT de line6 (input guitare, output casque + lien PC via USB) mais je n’y trouve tout simplement pas de son qui me plait. C’est pourquoi je me suis mis dans la tête d’investir dans une belle tête d’ampli avec l’envie de pouvoir profiter de son grain à la maison.

    Sans doute une bête question, mais pourriez-vous m’indiquer quelle serait la différence entre mon PodXT et la partie directbox+interface audio?

    Au final, j’aimerais que mon investissement ampli ne soit pas altéré le fait qu’un pod soit peut être bien trop mauvais par rapport à une directbox+interface audio. De plus sur le lien de votre directbox, ils mettent un pod comme exemple dans leur boucle : guitare+pod+directbox+interface audio. Ce qui me perturbe vu que je pensais que c’était l’un ou l’autre…

    Merci d’avance.

    • mxv

      Bonjour Laurent,

      Tout d’abord merci de votre intérêt pour mon modeste blog.

      Cet article date de 2009, et les technologies ont (heureusement) quelque peu évolué depuis ! (je vais d’abord tenter de répondre à votre question avant de vous proposer des alternatives plus récentes)

      Il est assez logique que le POD ne vous satisfasse plus après quelque temps d’utilisation. Il s’agit de matériel d’entrée de gamme, qui peut, certes, rendre des services pour quelques applications, mais qui tend à ne plus satisfaire votre oreille désormais « éduquée » (principalement en matière de préampli et simulation d’amplis).

      La différence entre le PodXt et la DI+Interface est assez simple : ca ne fait pas la même chose !

      – Le PodXt simule un type ampli ou un effet. Il peut s’utiliser avec ou sans ampli. Vous ne pouvez en aucun cas brancher votre (futur) ampli à lampe dans le pod pour sortir au casque.

      – La DI+Loadboax+Interface, c’est pour utiliser un ampli à lampes qui ne dispose pas de sortie casques (ces amplis doivent tjs être connecté à un speaker pour des raisons techniques (impédance, charge, …) La DI permet de laisser séparer le signal qui sort de l’ampli (de la sortie speaker) pour l’amener d’un coté dans une enceinte speaker (pour la charge, sinon le transfo de sortie de l’ampli grille) ou dans une Loadbox (qui simule la charge (load) et permet de jouer silencieusement). À partir de la DI (qui fait une simulation de speaker), on va dans l’interface qui permet d’enregistrer.

      Le POD, c’est tout-en-un finalement.

      Quand je dis ci-dessus que le POD « peut rendre des services pour quelques applications », c.-à-d. qu’on peut le conserver pour des effets qu’on utilise plus rarement, mais qu’on souhaite avoir sous la main (flanger, phaser, autowah, …)

      On peut donc l’intégrer dans le schéma avec la DI+Loadbox+Interface pour mettre des effets soit avant d’attaquer l’ampli ou après l’ampli et DI ; des utilisations où le POD ne sert que pour les effets (pas les simulations)

      Remarques :

      – Il existe des amplis à transistors (et/ou modélisations) qui intègrent une sortie casque. En schématisant, ce ne sont que des « Pod-like » connectés à un speaker.

      – Il existe des amplis POD « Pro » (simulation d’amplis haut de gamme tout intégrés, mais pas tjs facile à prendre en main, comme le Axe-Fx http://www.fractalaudio.com ou le http://www.kemper-amps.com/home )

      Je me permets de préciser que l’idée de ce billet est d’exploiter un ampli à lampe (dans le cas où on en a l’utilité (jouer avec du volume dans un speaker guitare, a la maison, en répétitions et/ou en live). Dans le cas d’une utilisation purement au casque : d’autres alternatives plus pratiques existent.

      1. Utiliser les sons des logiciels

      Je pense à Logic Pro qui embarque des simulations très convaincantes (dont je me sers comme doublage de guitares principales enregistrées « normalement ») (note : le drummer est très sympa pour jammer tout seul : http://www.mxv.be/2014/01/logic-pro-x/ )

      Il existe également Guitar Rig (parmi d’autre), qui propose une petite interface pas chère et des simulations sympas, sans se ruiner.

      2. la DI Palmer est sympa, mais elle ne comporte que 3 types de simulations de speaker (typée et pas super top, meme si ca fait le boulot). Il s’avère que le speaker est très important pour définir votre grain (et le comportement de votre ampli) : le trio (quatuor/quintet) guitare (+ effets) + ampli + speaker (et le doigté évidemment) est ce qui vont définir votre son.

      J’ai trouvé un peu plus tard, une solution DI+Loadboax+Simulation de speaker 3 en 1 (le motherload), mais il existe désormais des simulations de speakers très poussées (technologie Impulse Response, qui « copie » l’empreinte sonore d’un type d’ampli ou d’enceintes) qui restituent assez fidèle le feeling qu’on aura devant un ampli poussé à stock dans le speaker-qui-va-bien.

      Soyons clair : rien ne remplace la pression acoustique et le feeling de jouer devant un baffle. Par contre pour des enregistrements et/ou si on a l’habitude de jouer au casque, c’est moins important, car le rendu est devenu très convaincant. Perso, je m’y suis fait et ca ne me dérange absolument plus. Meme si j’ai une petite trique quand je branche les baffles et que je décolle le papier peint du voisin 😀

      Si j’ai conservé le DI+Loadbox et le motherload pour mes circuits d’amplis secondaires, j’ai opté pour les simulations de Two Notes avec les modèles Torpedo Live et Torpedo Cab.

      J’en ai touché un mot ici : http://www.mxv.be/2014/04/wall-of-sound-v4/ (même si les schémas et les amplis ne sont plus d’actualité)

      et ici pour le Torpedo Cab : http://www.mxv.be/2013/12/extraboard-v3/ que j’utilise uniquement avec des pédales d’effets directement dans une sono (ou au casque).

      Le Live permet d’être utilisé avec un ampli à lampes (loadbox+simulation de speaker (et d’amplis aussi, mais pas utile si y a déjà un ampli) et le CAB permet d’être utilisé sans ampli.

      Vous branchez votre Torpedo Live ou Cab dans l’interface et le tour est joué.

      Après, tout est une question de budget.

      Un ampli à lampe c’est super, mais je ne pense pas que ce soit le choix judicieux si c’est pour jouer uniquement au casque.

      D’après ce que je devine de votre utilisation, j’opterai plus pour une solution Torpedo Cab + Pedales d’effets de qualité (et votre fidèle POD) dans une interface; sauf si l’iRig/Logic vous contentent 🙂

      (attention, le monde des pédales d’effets est vaste et (accessoirement) un gouffre à pognon 😀 Consultez Madame avant ! O:) ) (on n’en a jamais assez une fois qu’on commence :D)

      Si je peux vous aider en répondant à d’autres questions, n’hésitez pas !

      • Laurent Bruwier

        Waw, je ne m’attendais pas à une réponse si longue et si rapide ! Merci beaucoup !

        Au sujet du PodXT finalement c’est peut-être le fait que je l’utilise la plupart du temps sans simulation (ni ampli, ni effet) et qu’il est devenu ma carte son PC externe qui fait que je le vois un peu comme un outil de capture du son plus que par son usage premier de modélisation sonore.

        Concernant l’ampli et tout ce qu’il faudrait investir « juste » pour pouvoir le faire « sonner » dans des écouteurs hifi, cela me refroidit légèrement surtout qu’au final il sera toujours temps le jour où je jouerai sur vrai cab d’investir à ce moment-là. J’avais vraiment flashé sur ceux d’Orange niveau grain mais comme je ne jouerai sans doute jamais à volume conséquent, c’est finalement pas forcément un choix réfléchi.

        En regardant le site de two notes, je suis tombé sur leurs nouveaux preamps (dont le « Le Crunch ») et je me demande si ce n’est pas justement ce type d’appareil que je devrais acheter pour mon besoin actuel. Je peux y brancher ma guitare et sortir du son « tube » dans mon casque et il me semble que le fait qu’il y a ait un DI me permettra de l’enregistrer sur mon PC.

        A ce niveau-là, me conseilles-tu d’investir également dans une interface audio ou justement mon pod en mode non-modélisation est déjà une solution viable ?

        Je me demandais également s’il fallait obligatoirement un appareil du type torpedo cab en plus du preamp+casque et si oui quelle serait la valeur ajoutée?

        Pour les pédales d’effet, j’ai acheté ma première il y a deux semaines (j’ai commencé de manière très classique avec la DS-1 de BOSS) mais quand j’entends ce que sort Le Crunch ou la sick as overdrive (présentée sur le site), je me dis que c’est un achat fort impulsif… Ca sera quoi qu’il arrive la première d’une longue série !

        En tout cas, le site est très sympa et je me trouverai certainement une petite heure dans la semaine pour regarder les vidéos gibson & fender !

        • mxv

          Le preamp Two Notes sont a mon avis une bonne alternative oui.

          Cette vidéo de présentation explique bien le concept et la différence avec le CAB : https://www.youtube.com/watch?v=oRS4uSYhef0

          Concrètement, vous pouvez sortir au casque et vous jouissez d’une simulation d’ampli « aussi bonne qu’on puisse faire en analogique » (pas numérique, comme les Impulse Responses du CAB)

          Le CAB est plus puissant et permet de sélectionner à la fois un type de micro, un type ampli de puissance (ou pas) et un type d’enceinte. (Sachant que l’ensemble est supposé simuler une vraie prise de son studio)

          Notez qu’un ampli traditionnel, c’est une combinaison d’un préampli, d’un ampli de puissance et d’un baffle. Avec un preamp, il vous manque la partie « ampli de puissance », tandis que la simulation de speaker est unique.

          La valeur ajoutée se situe donc à ce niveau. Plus de choix, rendu plus réaliste et pas mal d’option (on peut aussi brancher un speaker sur le CAB, qui simule l’ampli de puissance)

          Pour info, Two Notes s’est inspiré des preamps de Fred Amps :

          http://www.guitariste.com/forums/pedales-effets-homestudio,fredamp-custom-amplification,459209.html

          et qq démo de Martial Allart qui utilise ces préamps avec le CAB : https://www.youtube.com/watch?v=KotXMFk-5T8&list=PLNAplVJ65D3mI8tpzGj655Qr6AeBPaO3t

          Pour enregistrer la DI du preamp, il faudra une interface effectivement. Je ne pense pas que le POD aura un rendu satisfaisant (ni même que ça soit possible aux niveaux branchements). Je pense que ça vaut la peine de tester quand meme avec le POD et d’acheter le matériel en fonction (l’oreille continue de s’éduquer). Si ca plait, tant mieux 🙂
          Sinon, la petite TC Electronic Desktop de l’article fera par exemple bien l’affaire. Il existe beaucoup d’interfaces à des prix très variables en fonction du niveau d’exigence et du prix qu’on est prêt à investir. En semi-pro, les interfaces RME sont top !

          3 remarques :

          1. Si vous pensez vraiment acheter un ampli à lampe dans le futur (avec baffle et tout le tsoin-tsoin), je vous conseille d’opter pour le Torpedo LIVE plutot que le CAB.

          LE Live permet la même chose que le Cab (utilisation avec preamp et pédale + simulations micro/ampli/speaker) et pourra servir de loadbox pour l’ampli.

          Ce sera tjs sympa de pouvoir utiliser l’ampli silencieusement à certaines heures… et ça vous évite de devoir revendre un cab pour prendre un live plus adapté. Il vaut mieux prévoir large, car on perd vite de l’argent à la revente.

          2. Quand on parle de crunch et de sonorité anglaise, on fait souvent référence au son Marshall. Il existe « peu » de pédales typées Orange : Orange Bax Bangeetar Guitar Pre-EQ, AMT Electronics USA Legend Amp Series II O2, EarthQuaker Devices Monarch et Wampler cataPulp (avec une préférence pour les 2 dernières citées)

          3. Quand on construit son son autour de pédales et préamplis, on opte généralement pour un ampli assez clean derrière.

          Quand on se sert de la disto d’un ampli, on utilise (ou règle ses pédales) Pluto comme des boosts pour pousser l’ampli plus loin dans la saturation.

          Il n’y a pas de règles en général : il faut tester jusqu’à obtenir satisfaction 🙂

          • Laurent Bruwier

            Très clair ! il y a presque assez de matériel pour en faire un nouvel article sur le blog ! ;o)

            Je pense que je vais partir sur un des nouveaux preampli de two notes. Ils n’ont peut-être pas le son Orange mais aussi bien les vidéos du Le Clean que du Le Crunch me donne vraiment la sensation d’avoir un son qui me plaira beaucoup et au final il n’y a que ça qui compte !

            Ce que je recherchais vraiment dans l’ampli c’est d’avoir un son typé qui ne soit pas modélisé avec des tubes que je pourrais pousser pour avoir du « vrai » crunch et je pense que je retrouverai cette sensation dans ces preamplis.

            De ce que j’ai lu, le PODxt est en effet capable de faire le boulot d’enregistrement mais pas à la même qualité que je pourrais avoir une vraie interface. Je pense que je vais de toute façon tester le pod avec le preamp histoire de voir et comprendre ses lacunes et donc de définir ce que je cherche avant de me lancer dans l’achat de l’interface.

            Au point de vue du CAB/Live, c’est exactement ce que je recherchais comme avis : Quel est l’investissement qui me permettra de durer dans le temps si j’évolue et donc le live semble bien plus pertinent. Par ailleurs, je me demande toujours si le fait de ne jouer que devant son ordinateur avec casque sur les oreilles ne rend pas cet achat dispensable dans un premier temps et si leur logiciel wall of sound n’est pas finalement exactement la même chose.
            Sachant que pour les rares fois où j’utiliserais un baffle, j’aurai toujours quelques simulations directement sur le preampli pour dépanner.

            Pour le point 2 des remarques, n’étant pas encore un grand connaisseur de chaque sonorité de chaque ampli/marque, ça m’aide aussi à partir sur une base neutre et donc d’apprécier le son des two notes par rapport aux autres que j’ai entendu.

            Et pour le point 3, merci beaucoup pour le conseil, ça semble tout à fait logique mais seulement une fois mis sur papier.

          • mxv

            Oui, je pense que le Live est dispensable dans un premier temps.
            Je ferais :
            1. Le (les ?) preamp (je prendrais Le Clean, avec d’autres pédales tant qu’à faire)
            2. Une interface (si le pod ne suffit pas) et le WoS (que je n’utilise pas, je ne sais pas bcp aider sur ce point)
            3. le Torpedo live
            4. 100 pédales
            5. 3 amplis
            6. Apprendre à jouer 😀

            #GearAddiction

          • Laurent Bruwier

            Je pense qu’il n’y a pas plus clair comme liste pour investir directement au bon endroit et éviter les achats/reventes perpétuels. Vivement les 100 pédales !

            Pour le dernier point, ça sera surtout ré-apprendre à jouer, j’avais effectivement laissé ma guitare à la cave depuis une dizaine d’années. Mais les réflexes reviennent assez vite.

            Non, pas celui de la télé, le sport n’a jamais été mon domaine de prédilection.

            Un tout grand merci pour tous ces précieux conseils !

  • Simon

    Bonjour je me suis lancé dans cette solution pour pouvoir m’écouter jouer avec un casque.
    J’ai donc acheter cette La Milenium DI-E que je vais brancher sur un table de mixage basique pour récupérer le son sur mon casque. Cependant j’ai une problème, en sortie de ma tete d’ampli (Vox NT 15) je n’ais que 2 sortie 4 ohm et 8ohm du coup comment je branche la DI ?
    Merci d avance

    • mxv

      Ca va dépendre du système de load que tu vas utiliser derrière. (la DI ne suffit pas)
      Ca ferait Vox -> câble speaker -> DI -> câble speaker THD (ou autre).
      – en fonction du modele de THD, tu sais si tu sors en 4 ou 8 (t’es sur que c est pas 8 ou 16 sur ce modele ?)
      – De la DI, tu pars dans la table en XLR ou jack au choix… mais tu dois tjs avoir une charge connectée à l’ampli (la tête doit tjs s’utiliser avec un baffle, donc si tu n’en mets pas, tu dois la simuler d’une manière. Sinon ton ampli grille)

  • Pierre

    Bonjour,
    article super intéressant !
    Je voulais savoir s’il est possible de commencer en se passant de la baffle et du réducteur de puissance ? En d’autres termes, la directbox couplée avec la table suffit-elle pour écouter une tête d’ampli au casque ?
    Merci par avance.