Ce n’est pas évident d’être client régulier chez Denzo Custom. Ses créations étant plus belles les unes que les autres, j’ai envie de lui acheter une pelle… environ chaque fois que je passe à l’atelier reprendre mes instruments #Facepalm

Grand fan de son travail, j’ai déjà craqué pour une Jazzmaster sauce Denzo qui est en cours de réalisation et prévue pour la fin du mois de Mai.

Dans l’attente de prendre possession de ma guitare, je zieute régulièrement le fil d’actualité du vil tentateur de David, qui continue d’honorer son carnet de commandes et d’exposer à raison ses créations sur la toile.

Genèse d’une crise de GAS

Lorsque Denzo publie les photos de sa dernière basse : c’est le coup de foudre immédiat ! Une revisite de la Precision Bass ’51, sans pick guard, dans une finition relic blanche à tomber par terre !

Malheureusement, c’est une commande pour un client et elle n’est pas à vendre. Qu’importe : j’aurai un jour le plaisir de m’en commander une à mon tour !

Comment ne pas tomber amoureux ?

Quelques mois plus tard, alors que je revends ma Telecaster Surf Green (Fender) dans le but d’acheter une Telecaster Denzo Sunburst en vente dans l’atelier, cette dernière me passe finalement sous le nez. Ayant du coup le budget sous la main, je demande un devis à David pour une petite basse dans le style.

Quand il m’annonce que le propriétaire de la Pbass a des soucis d’argent et qu’il s’en sépare : j’ai sauté sur l’occasion (de faire une bonne affaire en même temps) !

Spécifications

On part donc sur une base de Precision Bass ’51, c’est à dire avec la tête de manche en forme Telecaster et une configuration mono micro single-coil.

La forme du corps est quant à elle typée ’54, soit la première adaptation de la Pbass de ’51 avant qu’elle ne prenne sa forme définitive en ’57. Dans les faits, le corps est un peu plus arrondi et muni d’une découpe stomacale (plus fine à la panse, comme sur les Stratocaster) par rapport au modèle de 1951.

Le corps en frêne est ultra léger : mon dos ne pouvait rêver mieux ! Niveau finition, la teinte blanche vieillie et le vernis craquelé sont très réalisés – surtout très à mon goût 😀

Le micro Lindy Fralin Split ’51 imite le look de l’original, à la différence qu’il est hum-canceling dans sa conception (sans bruit/buzz). Sur les Precision Bass de 1957 à nos jours, cet unique micro sera d’ailleurs divisé en 2 micros bobinés chacun dans un sens pour obtenir le même effet antiparasite.
Le circuit est piloté par un tandem Volume/Tonalité disposé sur la petite plaque chromée typique des Precision Bass 51. La Denzo’s Touch qui tue : les boutons skirted noir & chrome comme sur les amplis Fender Blackface. La classe à Dallas 8)

Le chevalet est muni de 4 pontets, soit 1 par corde : cela permet un réglage précis pour chacune d’entre elles (par rapport à la solution originale à 2 pontets où 2 cordes se partagent le même pontet).

Le manche en érable inspire le respect. Il est dans la lignée des neck P-Bass, soit assez rond et relativement large, mais très ergonomique. J’ai fait mes gammes sur ce genre de manche, ça me parle carrément.
Le frettage est quant à lui impeccable, les notes chantent avec beaucoup de justesse et sans dead spots ni frisotis. Rien à redire du côté des mécaniques et du reste de l’accastillage : l’ensemble tient très bien l’accordage malgré que je rentre allègrement dedans.

Chaque note jouée se propage dans l’instrument qui résonne de toute part et nous transmet ses bonnes fréquences : on entre en fusion avec la basse, c’est le pied ! Cette P54 a du mojo à foison !

Légèreté vs Équilibre

Le poids plume du corps contraste avec la masse du manche qui, même s’il n’a rien d’anormal pour une basse, provoque un déséquilibre de la guitare. La belle pique un peu du nez.

Si cela m’a surpris au début, j’en suis venu à me demander si ça me dérangeait vraiment…

Je n’avais encore jamais eu d’instrument sur lequel un déséquilibre se faisait remarquer de la sorte. D’un autre côté, je n’avais jamais possédé de Précision Bass aussi légère non plus !

Quand on lâche le manche, celui-ci descend donc un peu. Dans un espace un peu exigu, on pourrait vite taper dans quelque chose (genre un verre qui traine à proximité) en ne faisant pas attention.
En situation de jeu, c’est rarement un problème, car la main gauche est utilisée la majorité du temps (bien qu’il m’arrive de profiter de 16 mesures de Mi grave pour lâcher le manche et boire une gorgée 😀 ). On « maintient le manche », sans pour autant « porter la basse » – j’insiste : la P54 est super agréable à jouer et la main gauche ne se « fatigue » pas plus qu’avec une autre basse !

Le choix de la sangle est du coup assez important.
J’avais d’abord opté pour une sangle légère (de chez Planet Wave, avec le système autobloquant) mais le tissu glissait vraiment fort. J’ai switché une sangle plus large et en cuir de chez RightOnStrap et corrigé en partie ce déséquilibre par un meilleur maintien sur l’épaule.

Ce déséquilibre est au final bien peu de choses par rapport au bonheur d’avoir une basse légère. Mon lumbago persistant approuve à 100%.

Ta basse tabasse !

Le manche et le corps sont parfaitement agencés et transmettent les vibrations jusque dans la sangle ! On est directement en fusion avec la P94 et c’est un vrai plaisir à jouer, à ressentir. On en frissonne de plaisir. Le manche est très agréable, légèrement courbé sur les bords pour un confort maximum.

Quand c’est bien conçu et que l’instrument répond de la sorte, les riffs passent tout seuls ; on ne peut être qu’inspiré !

Niveau sonore, les micros me réconcilient carrément avec Lindy Fralin (ndlr j’avais été déçu d’un kit Stratocaster). Les tonalités sont bien balancées, ca sonne toujours vintage, mais avec plus de pêche en sortie. L’action hum-canceling fonctionne nickel chrome (je devrais dire AlNiCo) : aucun parasite à signaler. Puissante et percutante, la petite est taillée pour le rock.

Honnêtement, je préfère 100x cette P94 aux précédentes PBass que j’ai pu avoir (notamment la Pbass Olympic White 1971 que j’ai longtemps conservée).

Cette basse est une vraie bombe qui a tout plaire : un look d’enfer, une jouabilité démoniaque et des sonorités diaboliquement efficaces ; le tout pour le poids d’un pet.

Je n’en demandais pas tant, je suis conquis.
Bravo Denzo, cette P94 est un chef d’oeuvre !

 

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