Entourée à sa sortie d’un gros buzz autour ses qualités, la Dirty Little Secret de la société canadienne Catalinbread a intégré mon floor il y a quelques semaines maintenant. L’ambition annoncée du constructeur est de transformer un ampli clean type Fender en machine à « crunch Marshall » à l’aide de sa pédale. Après avoir manipulé la DLS dans tous les sens, voici le moment de livrer mon diagnostic sur cette JMP/JCM800-in-a-box.

De quoi ça s’agit ?

La petite Dirty Little Secret arbore des dimensions et un design des plus sexy ! Légèrement plus petite et moins épaisse que le format habituellement rencontré, la DLS est en métal brossé recouvert d’un sticker de décoration stylisé du plus bel effet. Les potentiomètres et les switchs sont aussi solides qu’idéalement choisi esthétiquement parlant. Les potards rappellent d’ailleurs ceux des amplis Marshall que la pédale est censée regrouper dans son boitier. La connectique est placée de part et d’autre de la pédale et l’alimentation 9v peut être également remplacée par une 18v, ce qui aura pour effet d’augmenter la dynamique considérablement. Personnellement je me suis concentré sur le 9v (tout simplement parce que je ne possède pas de 18v et qu’en incruster une dans mon floor n’est pas simple dans la configuration actuelle).

Niveau des contrôles, on retrouve un trio classique : volume, gain et tonalité. Un premier switch externe permet d’alterner entre le mode « rock » (proche d’un Marshall JMP) et le mode « rawk » (typé Marshall JCM 800). Depuis la révision 2 de la DLS, on retrouve également un switch « bright » interne permettant de changer le fonctionnement de la pédale (interaction différente des contrôles entre eux) et du rendu (plus d’aigus, de basses et surtout de gain).  Les possesseurs de la V2 possèdent donc pour le même prix la V1, avec 4 modes de fonctionnement possible (rock/rock+bright/rawk/rawk+bright).

Catalinbread Dirty Little Secret

Crazy little thing called DLS

Le premier constat apparent se fait au niveau de la dynamique de la pédale : elle réagit à la manière d’un ampli à lampes et offre un bon nombre de nuances selon l’attaque et les variations de volumes de la guitare.

Le mode rock est dans assez « low gain » dans son ensemble, mais permet de belles incursions dans le hard rock avec le gain à fond. Pas mal de punch et de définition, de très belles harmoniques générées et un son résolument vintage, il s’agit la probablement de mon mode de fonctionnement préféré.

Le mode rawk propose d’aller plus loin dans le gain proposant des sonorités très JCM 800 (le crunch légendaire de la marque british). Plus mordant, assez gras avec un grain plus serré et toujours cette incroyable dynamique. Du bon « marshall-in-a-box » même si je ai trouvé le rendu parfois un peu trop compressé.

Dans les deux modes, la tonalité permet de passer a des sons plus oldschool (avant 12:00, assez chargé en médium) ou des choses plus moderne et tranchante, sans être criarde ou chimique (même avec le tone à fond dans les aigus).
Je n’ai en revanche pas aimé les options de la V2 (bright ON) : moins subtil, le son est plus épais mais sans rien changer ni au grain, ni au gain. Ça booste d’ailleurs assez fort la pédale (qui n’en a pas forcément besoin).

Place aux vidéos pour vous faire une idée de la bête :

Marshallmellow

Je précisais dans l’introduction que Catalinbread avait pour but de transformer un ampli de type Fender en machine à crunch Marshmallesque avec sa Dirty Little Secret. C’est effectivement le cas et la DLS s’en sort plus que bien dans cet exercice; particulièrement avec le gain et le tone à fond. Je l’ai comparée à plusieurs canaux du Marshall 6100 et on peut dire « qu’on y est ». Pari réussi !

Cependant, lorsque l’ampli utilisé n’a pas la clarté d’un Fender et de ses lampes 6L6, la pédale a tendance a apporter trop de mediums et de basses. Je possède plusieurs pédales de type Marshall (Box of Rock, Brown Sound et Wampler Super Plextortion) et aucune d’entre elles n’a ce genre d’effet sur mes amplis Orange ad30 et Marshall 6100. De là à dire que la DLS impose son caractère fort à l’ampli, il n’y a qu’une marche que je me permets de franchir. Obligation de corriger l’EQ de l’ampli et/ou d’utiliser les micros bridges de mes pelles pour éviter la bouillie de medium et garder de la définition avec des réglages low-mid gain. Il est donc à mon sens primordial d’essayer cette petite bête sur son matériel (ou du moins sur un matériel proche du vôtre) si vous ne possédez pas d’ampli type Fender; au risque d’être déçu, ce qui est un peu mon cas.

Autre petit point au registre des regrets, j’aurais préféré avoir un sélecteur 9v/18v à l’instar de l’OKKO Diablo (dédoubleur de voltage interne permettant d’alimenter la pédale en 18v sur base d’une 9v) plutot que de devoir investir dans une alimentation 18v pour tester l’entièreté des capacités de la bête. Ceci pour le prix de la DLS, les possibilités sont déjà conséquentes !

Conclusion

La Dirty Little Secret est une très bonne pédale qui jouit à la fois de dimensions minimes, d’un design sexy et de sonorités aussi dynamiques que représentatives des amplis qu’elle émule. L’effet « amp in a box » est très réussi. La palette de sons typés Marshall est large et de qualité. Petit bémol concernant le caractère prononcé de la pédale qui ne s’accorde pas avec tous les amplis; particulièrement si ceux-ci sont déjà chargés en médiums. À tester de préférence avant achat.

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