Petit retour sur la Terminal Fuzz d’Earthquaker Devices, une pédale qui m’accompagne avec bonheur depuis 2015 et qui s’avère être un outil redoutable doublé d’une bonne fuzz.

Si elle est restée dans la gamme durant des années, je m’aperçois en rédigeant ces lignes que la pédale n’est plus produite actuellement.

Voici quelques lignes qui vous donneront peut-être envie d’en dénicher une sur le marché de l’occasion 😉 Mieux vaut tard que jamais, pas vrai ?

Companion Fuzz FY-2

La Terminal Fuzz est basée sur une Companion Fuzz FY-2 vintage du fabricant japonais Shin-Ei, qui construisait et rebadgait ses produits pour différents distributeurs et fabricants à l’époque. La pédale qui a servi d’inspiration est une version estampillée JAX Fuzz Box distribuée aux USA pendant les années 70.

Le circuit original a été amélioré de différentes manières par l’équipe d’Earthquaker afin de répondre aux standards actuels, d’augmenter la polyvalence et de corriger quelques petits défauts 😉

La première grosse amélioration se situe au niveau de la réserve de volume qui est (enfin) suffisante ! Il n’était pas rare de devoir ajouter un clean boost derrière la FY-2 pour matcher le volume de l’ampli. Problème résolu (je crois que le boost est intégré d’office dans le circuit) ! La pédale est aussi bien plus silencieuse, ce qui ne gâche rien.

Le potard de Fuzz lui confère une palette de gain un peu plus large que ce qu’on connait à l’originale. Ne comptez pas pour autant passer des crunchs légers aux fuzz massifs, la pédale conserve pas mal de gain même réglée au minimum. C’est délicieusement crade.
La pédale ne clean pas beaucoup. Vous pourrez au mieux la calmer un peu, mais ne vous attendez pas à une utilisation au volume façon Fuzz Face.

Là où s’arrête la Companion Fuzz originale avec ses 2 potentiomètres, la Terminal Fuzz propose 2 contrôles d’égalisation supplémentaires pour vous placer dans le mix et, surtout, pour s’adapter à vos différents amplis et guitares.

Le réglage Voice contrôle les médiums pour rajouter du low-mid à gauche et des hauts médiums à droite. Le Treble est quant à lui destiné à ajuster le niveau d’aigus, très utile pour calmer l’aspect strident du bourdonnement fuzz.

La Terminal Fuzz est équipée de sortie IN/OUT sur le haut de la pédale, d’un True-Bypass pour ne pas affecter votre chaine de signal, ainsi que d’une alimentation 9v à la place de la pile de son ainée.

That Fuzz Sound

La Terminal Fuzz est extrêmement typée et n’offre que de légères (mais bonnes) variations du même son, contrairement à la manière dont elle fut présentée (« Wide range of fuzz tones » etc … Bof.). Elle est plus polyvalente que la Jax Fuzz dont elle s’inspire, mais ce n’est clairement pas une fuzz à tout faire comme les Fuzz Face ou Big Muff.

Avant d’acquérir la Terminal Fuzz, j’explorais les sonorités FY-2 avec la Smitty Pedals Compadre Fuzz (la version 4 potards + 2 switchs), aux spécifications rigoureusement identiques à l’originale, bien qu’accompagnée d’un clean boost (footswitchable) pour compenser le volume du circuit original et d’un réglage de Medium activable via un petit switch.

La Compadre n’a pas résisté à la comparaison face à la Terminal, aussi bien en terme d’ergonomie (plus petite, mieux intégrable sur un Pedalboard) qu’en terme de contrôles (les médiums, c’est bien, le tandem médium et aigu, c’est mieux !) et de réserve de volume (on en a plus sous la Terminal). Niveau son, ca se tenait, avec une petite préférence néanmoins pour l’EarthQuaker.

De là à dire que je préfère les pédales remaniées aux originales vintages (ou à leurs reproductions conformes), le pas n’est pas loin d’être franchi.

Forte tête, mais bon companion

N’espérez pas salir discrètement votre overdrive en la boostant en début de chaine avec la Terminal 😉 Une fois enclenchée, la Terminal impose son caractère fort à votre signal, peu importe la/les pédales avec la/lesquelles vous la combinez et l’endroit où vous la placez dans votre chaine d’effets. Vous devez soit construire votre son autour de la pédale, soit l’utiliser avec parcimonie pour faire ressortir l’une ou l’autres gimmick, riffs ou partie de votre chanson.

C’est un peu le copain qui vient vous aider à déménager et qui vous impose son organisation. On ne lui dit rien, car on a besoin de lui et qu’on l’aime bien, mais si on avait quelqu’un de plus coulant à la place, ce serait bien aussi 😛

J’entends par la que la Terminal est une excellente variation de la FY-2 et, à ce titre, n’est pas loin d’être un one trick poney… mais quel trick ! Le son est oldschool, caractériel, violent, crade, nasillard et peut être carrément ciselant. Pensez Black Keys.

Ce ne sera probablement pas votre fuzz principale, mais elle fera des choses que vos autres pédales ne sont pas probablement pas capables de faire avec autant de qualité. C’est une Fuzz à l’ancienne qui se démarque très bien des classiques du genre ; une addition parfaite à une collection de fuzz destinées à être jouées.

Si j’avais rédigé cette chronique après quelques semaines après l’achat, comme je fais habituellement, j’aurais probablement conclu là dessus.

N’ayant rien de similaire (après la vente de la Compadre) dans mon rig, je conserve la Terminal depuis des années maintenant. Les projets musicaux se sont succédé et j’ai été particulièrement surpris de recourir à ses services pour différents sons, dans des univers parfois très différents cf. City Echoes/Digital Donkeys.

C’est toujours relativement compliqué de bien enregistrer une fuzz tant la quantité d’harmoniques générées peut être complexe et nécessitant un vrai talent pour être restitué fidèlement à l’enregistrement. La Terminal sort superbement du mix et conserve son grain très rauque en toutes circonstances. Quand on a besoin de sale, elle est là !

Ca pour dire que la Terminal ne se cantonne pas à un style de musique. Vous ne ferez pas que du blues-rock avec, loin de là. Notez également qu’elle déchire littéralement sur basse – probablement une de mes fuzz préférées dans cette application.

Vous n’en mettrez pas partout, mais quand vous ferez appel à elle, elle vous rendra de fiers services ! Je lui laisse généralement place dans un loop (avec une ou plusieurs autres fuzz) pour l’avoir sous la main  – au cas où 😉

Quelques mises en situation pour terminer

Il y a quelques jours, en testant une nouvelle configuration pour le FATBoard, j’expérimente un (premier) étage de fuzz avec une loop composée de la Terminal, la Fuzz Factory et la Bender en début de chaine. Je lâcherai un petit mot sur la nouvelle mouture du pédalier en temps voulu 😉

Ici en 2016, la Terminal est en duo dans une loop du GigRig avec la Super Electric Ram’s Head.

À son arrivée en 2014, avant les switchers, elle intégrait « simplement » le board en position +/- centrale dans la chaine, pour avoir des boost et drive avant et après la pédale.

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