Parmi les nombreuses pédales de saturation que j’ai pu essayer, l’Interstellar Overdriver Supreme de la société New-Yorkaise Death by Audio est vite apparue comme faisant partie des plus complètes et des plus musicales du marché. Il s’agit d’une pédale d’overdrive entièrement analogique comprenant 2 canaux, un true bypass et proposant une palette de sonorités allant des OD vintages aux fuzz les plus originaux. Cette version Supreme est une évolution de la Interstellar Overdriver standard (mono canal).

La robuste pédale arbore un design sobre à l’aspect « futuriste » façon oldschool (genre les vieux James Bond, vous voyez ?). Les 2 canaux possèdent chacun leurs contrôles de Drive et de Volume. Ces deux potards interagissent fort entre eux et laissent place à une grande variété de déclinaisons des sonorités de la pédale. Les deux stompswitchs sont bien espacés et possèdent une grosse LED rouge respective indiquant l’activation ou non de l’effet. Au centre de la pédale, un roto-switch permet de sélectionner un des 6 modes de traitement de son qu’offre le canal de gauche. A droite de ce bouton de sélection, un petit switch permet d’activer ou non une diode au germanium sur l’autre canal. Cette diode a pour effet d’apporter une chaleur considérable au son ainsi qu’une dynamique accrue tout en conservant la tonalité initiale. Si j’apprécie le fait de pouvoir adoucir le son, je dois avouer que ce son « germanium » m’a totalement conquis et qu’il est enclenché en permanence, que ca soit utilisé en overdrive ou en simple boost.

Ce canal de droit est en fait un Interstellar Overdriver standard auquel les concepteurs ont rajouté la fonction « normal/diode clipper » citée ci dessus. Il donne des tonalités chaudes et craquantes avec un grain assez aéré et une dynamique des grands soirs. Combiné à des lampes, il décuplera la saturation de votre ampli. Ce canal « germanium » sert également a booster les déclinaisons du canal de gauche à savoir :

1. Thin Drive : plus léger que le mode standard en matière de saturation, ce premier mode booste par ailleurs les trebbles (a en devenir parfois criard, car il n’y a pas de réglage de tonalité). Mode assez agréable dans que le volume et le drive ne sont pas à fond.

2. Normal interstellar overdrive : identique en canal germanium, permet d’avoir une grosse patate lorsque les 2 sont combinés et de jouer sur des gains différents pour nuancer vos saturations.

3. Bass drive : donne le rendu d’un overdrive et d’un octave down accouplé. Le setting ne rend bien que lorsque le drive est a fond (sinon on entend rien de particulier). L’utilisation la plus intéressante de ce preset 3 est certainement la combinaison avec le canal de droite qui donne un overdrive fuzzy assez dark. J’aime beaucoup.

4. Super Octave Fuzz : un son bien moderne avec une octave suppérieure qui fait grésiller la saturation de manière plus aigue que sur un fuzz classique. Cela rajoute un côté acide qui se mêle aussi bien au canal germanium qu’à d’autres pédales (aussi bien en amont qu’en aval). D’autre part, avec le drive et le volume a fond, elle est assez agressive et dynamique. Un mode très plaisant qui fait penser à certains réglages de la Soundwave Breakdown de la même marque.

5. Oscillating fuzz : est un fuzz un peu plus rauque que le précédent (y a pas d’octaver déjà, ca aide…) qui est agrémenté d’un espèce de ring modulator à filtre low-fi faisant osciller le signal pour donner des sonorités nasillardes. A l’instar des déclinaisons les plus expérimentales (les 4 derniers presets), ce mode est d’autant plus intéressant une fois combiné au canal germanium.

6. Voltage Controlled Tremolo : consiste en un fuzz low-fidelity torturé par un tremolo à vitesse (malheureusement) fixe. Le plus expérimental des modes de la pédale est aussi le moins exploitable. A défaut d’un potentiomètre de contrôle, ca aurait été sympa de permettre à une pédale d’expression d’ajuster la vitesse du tremolo… Marrant, mais plus gadget qu’autre chose (note : à utiliser de préférence avec le canal de droite)

Voici une vidéo de présentation qui fait le tour de ces sonorités (bien que c’est pas très vendeur, je vous l’accorde – tonefactor ferait bien de s’inspirer de proguitarshop…) :


Conclusion

Les nombreuses possibilités de l’Interstellar Overdriver Supreme en font une des meilleurs pédales (multi) overdrive(s) que j’ai pu essayer. Elle s’adresse aux musiciens à la recherche de leur propre son au delà des barrières habituelles des styles et autres tentatives de « sonner comme ». Très inspirante, elle pousse vraiment à la créativité et à l’expérimentation. Je considère que le canal de droite « germanium » est le principal canal de la pédale; les déclinaisons du roto-switch permettant d’augmenter considérablement le champs d’action de la pédale tout en pouvant être boosté par celui-ci. C’est cette alliance entre le pur son vintage légèrement dark et les presets plus modernes acides ou barrés qui m’a le plus charmé : on peut vraiment faire beaucoup de choses avec ce robuste boitier.

L’absence de réglage de tonalité n’est pas trop dérangeante dans la mesure pour l’égalisation de la pédale a été bien étagée mais j’aurais quand même préféré pouvoir y chipoter moi même « histoire de« … C’est probablement mon seul regret par rapport à cette excellente pédale (et un pti bémol pour le mode 6 « VCT » qui ne sert pas à grand chose… j’aurais plutôt mis un truc genre fuzz war dedans tant qu’à faire).

Une énorme réussite, bravo DbA !!

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mxv